Mise au point pour L'enfer des zombies

Mise au point pour L'enfer des zombies

Bon, après plus de deux semaines de délires contradictoires, il est temps de tirer un petit bilan sur ce qu’on peut qualifier de « polémique ». Y répondre lui donnerait du crédit, mais la passer sous silence ne ferait qu’accentuer une certaine hystérie. Voilà pourquoi, nous avons décidé d’exposer notre point de vue une bonne fois pour toute.

Artus Films a fait l’objet d’une forme de lynchage à travers notre édition de L’Enfer des zombies de Lucio Fulci ; édition que nous avons pourtant confectionnée avec soin, passion et patience. Selon toute vraisemblance, les deux ou trois sources de ces attaques sont unies pour certains points, opposées pour d’autres. Mais ce message s’adresse avant tout à nos fidèles clients, passionnés et exigeants comme il se doit.

Il faut savoir qu’au départ, les plaintes émanent de deux personnes, souvent derrière le masque courageux du pseudonyme, suivies par quelques disciples qui ont disséminés leur obsession et leur virulence à travers Facebook, Amazon, ou le forum DVDClassik. Il y avait même comme un empressement à propager le virus, car des diatribes, parfois très détaillées, ont été mises en ligne le jour même de la réception du médiabook.

• Pour quelques personnes, il serait impossible de sortir les disques sans les rayer. Un client intransigeant a même déchiré le carton pour sortir une galette sans avoir compris qu’il fallait juste la faire glisser. Le drame s’est alors trouvé étalé en public sans même nous contacter en amont pour trouver une solution entre personnes de bonne foi. Il nous a semblé primordial de proposer un si beau packaging malgré son coût onéreux. Mais nous avons eu la faiblesse de ne pas anticiper un certain manque de réflexion, probablement dû à la précipitation de vouloir découvrir notre édition. C’est dommage car lorsqu’on écarte légèrement le carton, et que l’on fait glisser délicatement le disque, il sort sans aucun problème. Ce système de rangement a été utilisé par Carlotta, HK, ou encore Wild Side (pour certaines de leurs éditions Classic Confidential) sans jamais avoir lu une seule critique négative envers ces éditeurs sur le net. Alors, pourquoi s’en prendre à nous avec autant de virulence ?

• Dans le même ordre de désagréments, quelques-uns se sont plaints que les disques – neufs – étaient déjà rayés. Il y a eu un réel problème lors de l’assemblage chez l’imprimeur, sur une petite partie des produits. Par conséquent, nous présentons nos excuses les plus sincères à ces rares clients malchanceux ; nous avons remplacé les disques abimés, et tout est rentré dans l’ordre. Nous avons demandé des photos, afin de faire remonter l’info au prestataire qui doit assumer ces responsabilités. Nous n’en avons reçu que… 5. Oui, 5 photos seulement… Vous pouvez aisément comprendre que nous avons le sentiment désagréable du fameux « beaucoup de bruits pour rien. » Nous n’avons pas beaucoup de poids pour émettre des remontrances envers l’imprimeur avec si peu de preuves.

• Puis est venue la critique du master. En privé, un certain Norbert Duris s’est renseigné sur notre copie. Malgré nos explications, il n’a pu retrouver une certaine paix intérieure. Il faut comprendre que le master anglais sorti par l’éditeur Arrow est le meilleur au monde, le seul et unique en somme. Et il n’est visiblement pas bon de se frotter à nos chers confrères anglophones qui font, il est incontestable, un super travail depuis tant d’années. Ainsi, ce monsieur a étalé son idée fixe sur notre page Facebook, puis sur Amazon (Norbert D.), puis le forum de DVDClassik (Natsy Hunter, profil créé pour l’occasion). Sur Amazon, il s’est même permis de donner le lien du fameux comparatif – nous y reviendrons plus tard – à tous les gens qui avaient osé exprimer leur satisfaction, pauvres ignares qu’ils sont. Pourquoi semble-t-il en faire une affaire aussi personnelle ? Quel est son intérêt ? Après tout, il pense peut-être sincèrement dans son for intérieur incarner le Robin des Bois des acheteurs de Blu Ray ? Si tel est le cas, la démarche est noble. 
Seulement, nous avons pu lire que notre master était une « merde », un « massacre », « dégueulasse », un « travail de porcins » etc… Bref, la rhétorique est très riche. Il y en a même un qui enquête pour trouver l’origine du master utilisé pour notre édition. Devant une telle obsession, nous ne pouvons cacher notre peine ; cette existence n’a peut-être pas expérimenté les joies du déniaisement…
Les ayants droits nous ont fourni un master mal restauré (avec artefacts et DNR abusif) qui a été refusé par Eclair, le labo qui a géré l’authoring pour ce projet. Les Italiens nous ont donc envoyé une série de tests, qui n’ont pas plus été concluants. Nous avons donc demandé un master étalonné, mais non restauré. Là, ils me disent que leur fichier d’origine (non restauré donc) n’existe plus. Je fais alors le forcing pour qu’ils réalisent un nouveau transfert 2K. Cela a pris du temps (L’Enfer des zombies était prévu pour septembre 2017) car ils ne voulaient pas le financer, mais ils ont fini par céder. Nouveau transfert 2K donc. Nous avons fait restaurer ce master en France, il a fallu tout nettoyer, fixer quelques plans instables, ou régler un effet de pompage qui revenait de manière récurrente. Nouvelle restauration donc. Le grain d’origine est présent, mais beaucoup moins, effectivement, que sur le BD anglais. Intervient alors une question de point de vue, et un débat sans fin. L’image de notre master est belle, et nombreuses sont les réactions dithyrambiques sur sa qualité. Alors, quand une personne trouve l’image sublime avant de rectifier son commentaire après avoir vu un « blog » obscur, cela nous interpelle. Influence ? Manque de personnalité ? Conditionnement ?
Nous pensons qu’il est correct d’affirmer que les deux masters sont beaux mais différents, voilà tout. Quand le Arrow fourmille de grain, le Artus est plus lisse. Quand l’Anglais souffre de pompage, le Français n’en a pas. Et, comme a dit un grand connaisseur sur Devildead, ces films sortaient partout dans le monde dans des copies faites par différents labos. Elles étaient toutes étalonnées de manières différentes ; Sergio Salvati – le directeur de la photo – ne pouvait pas gérer l’étalonnage de toutes ces copies. Alors, qui peut dire que tel ou tel master est l’original ?

• Logiquement, pour la suite, il a fallu montrer du concret. Quelques commentaires haineux ne suffisaient pas. Le hasard faisant bien les choses, un blog du serviteur Delacombe est sorti des ténèbres. Un blog né en octobre 2017, et ne comportant que 3 comparatifs, dont 2 à charge contre nos confrères du Chat qui fume. L’Enfer des zombies a eu l’honneur d’être sélectionné pour faire office de quatrième comparatif… avec le Arrow, CQFD. Les images sont tellement probantes qu’il a tout de même fallu pianoter un court texte explicatif dans le but pédagogique d’indiquer ce qu’il fallait en penser. Bien évidemment, ce lien circule partout sur le net.

• Nous sommes tellement envieux des sommités qui s’expriment avec courage sur le forum DVDClassik, espace d’expression qu’il faut différencier de l’équipe rédactionnelle du site que nous saluons. Ce forum a la chance et l’honneur d’abriter des internautes qui, à les entendre, ont inventé l’encodage, l’authoring et toutes ces subtilités techniques qui dépassent la plupart d’entre nous, bâtés que nous sommes. Heureusement, ils nous régalent et éclairent notre lanterne. Mauvaise langue, un ami nous a fait remarquer que s’il y avait écrit Criterion sur notre combo à la place d’Artus, tous se seraient mis à genoux en chantant un Alléluia.

• Puis, on nous a reproché de ne pas avoir inclus la piste anglaise. C’est un « scandale », c’est « prendre les gens pour des cons ». Nous comprenons l’anglophilie aigüe mais, à ce moment-là, pourquoi ne pas inclure également la tchèque, la polonaise, ou la japonaise ? Sauf erreur de notre part, les versions supervisées par Fulci (ou ses collaborateurs) étaient les versions italiennes de ses films. Dans l’Italie de cette époque bénie, tout était post-synchronisé puisque les castings étaient souvent polyglottes. La post-synchronisation n’empêche en rien une version originale. À ce propos, nous vous conseillons de relire les excellentes interventions de Gilles Ermia.

• Le dernier truc trouvé par nos détracteurs est qu’il y a un décalage audio. Alors, effectivement, il y a un petit problème. La VF est parfois flottante, de manière plus ou moins prononcée. De nombreux westerns italiens souffrent de ce travail un peu bâclé de la part des distributeurs qui produisaient les VF. Sur L’Enfer des zombies, il y a un court passage qui souffre de ce flottement. C’est probablement d’origine, car le DVD Néo a le même décalage (et au passage, cette édition qui a fait date ne comprend pas non plus la piste anglaise). Nous insistons que ce décalage n’est présent que sur cette courte séquence. Pourquoi aucun génie de l’informatique et du repack n’a pensé à vérifier le Néo avant d’exprimer son profond désarroi sur la toile ?

• Certains nous ont aussi reproché l’absence des bonus présents sur l’édition Néo Publishing, voire même ceux produits sur d’autres, étrangères. À moins de vendre un collector 8 disques à 250 euros, il est impossible de reprendre tout ce qui a été fait par le passé. D’autant plus que certains répètent suffisamment avoir déjà les éditions suscitées et d’autres nous auraient reproché des modules en SD. De toute façon, notre politique a toujours été de privilégier nos propres bonus. Pour L’Enfer des zombies, il était difficile de trouver des collaborateurs motivés pour ne pas raconter les mêmes anecdotes. Il nous semble, peut-être à tort, que les interventions de Dardano Sacchetti et Maurizio Trani sont pertinentes (merci à Freakorama au passage !). Ainsi, avec Lionel Grenier du site luciofulci.fr, nous avons fait de la complémentarité notre maître mot. Outre son analyse vidéo et le clin d’œil d’Alain Petit, nous avons décidé de mettre l’accent sur le livre de 80 pages. Nous sommes très fiers de ce que Lionel et son équipe ont rédigé ; cela démarque notre édition de toutes les autres existantes. Il s’agit d’un vrai travail éditorial et rédactionnel qui va se poursuivre sur nos deux autres titres de Lucio Fulci. D’ailleurs, nous n’avons pas lu une seule mauvaise critique sur ce collectif… mais c’est peut-être la prochaine étape…

• Difficile de savoir s’il s’agit d’une plaisanterie, mais on nous a également reproché avec insistance l’absence de « bonus d’époque » (sic). Encore faut-il que cela existe. Si tel était le cas, en connaissant les moyens financiers des éditeurs au Royaume-Uni ou aux USA, ces documents seraient certainement déjà connus de tous, non ? Et quid du prix ? Quand, pour un projet, un éditeur étranger nous réclame 3000$ pour un 30 minutes (pas inédit en plus), nous refusons. Vendre 200 pièces pour financer un bonus est impensable.
Pour en revenir sur les archives, il faut savoir que ces films étaient parfois tournés dans une quasi-clandestinité par des productions au planning restreint et au budget limité. Alors, difficile d’imaginer une équipe de télévision ou même un réalisateur payé par le producteur pour tourner « un making of d’une heure ». La seule chance serait qu’un membre de l’équipe ait tourné lui-même durant ses pauses… Mais cela ne semble pas être le cas sur l’Enfer des zombies. On ne peut pas comparer ce film de Fulci avec une production hexagonale, par exemple. Mais la frustration est énorme. Sur l’édition française de Nosferatu, il n’y a même pas une interview d’époque de Murnau… Quelle honte !

• Sur la lancée, nous venons d’apprendre des rumeurs selon lesquels nous aurions tout d’abord essayé de prendre un repack HD sur le net, pour, au final, pirater le Blue Underground. Devons-nous reprendre ce que nous venons d’expliquer précédemment ? Il faut faire attention aux déclarations publiques infondées qui, juridiquement, peuvent être considérées comme de la diffamation.

• Bizarrement, sur notre page Facebook, quasiment tous les messages haineux ont été effacés ; et pas par nous. C’est facile de beugler sans assumer par la suite en retirant un commentaire, voire même un profil avec une photo volée dans un article de presse pour faire croire que la grogne gagne du terrain. Jusqu’à présent, nous avons laissé tout le monde s’exprimer comme bon lui semblait sur notre mur. Mais devant la tournure des événements, nous vous déclarons désormais imiter les camarades éditeurs en surveillant de plus près les messages haineux d’âmes en peine écrasées par la jalousie et la virginité pour certains. 
Vous comprendrez que recevoir tout ça en pleine figure après des mois et des mois de dur labeur passés à confectionner un écrin digne de notre amour pour ce film de Lucio Fulci, cela en aurait découragé plus d’uns. Avec le recul, la gronde est minoritaire, alors baisser les bras dans notre combat collectif pour la défense de ce cinéma Bis serait une erreur. Nous travaillons avec joie sur nos prochaines éditions qui seront, nous l’espérons, meilleures que les précédentes.

Merci à toute l’équipe qui a collaboré avec nous pour cette édition – et les prochaines à venir. Merci à tous les fans et à nos clients qui nous ont communiqué leur enthousiasme et leur soutien. Merci également aux rares trolls qui ont créé un buzz autour de notre sortie. Depuis quelques jours, les précommandes de sites marchands et de boutiques n’ont jamais été aussi élevées !

Thierry Lopez

8Commentaires

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    PELORJAS Pierre
    mai 5, 2018

    Pas grand chose à rajouter si ce n'est : MERCIPour ces explications, pour votre travail, pour votre implication, pour vos jolis packagings au véritable esprit "collector" (souvent usurpé par ailleurs !), pour votre ligne éditoriale, pour votre courage en tant que "tout petit" éditeur, en bref pour nous proposer tous ces petits trésors introuvables ailleurs ...Je suis et resterai un fidèle soutien "artusien".

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    TIGHIOUARET-DELASALLE PATRICK
    mai 6, 2018

    bonjour ARTUS et bien je n'avais pas vu ce que je viens de lire a propos de "L'ENFER...". malgré tout moi j'avais lu dans les années laser une info non pas pour ce film mais pour la nazyploitation. ils avaient pas été tendre avec vous: une notation nulle et un post dénigrant le genre. BONNE CHANCE ARTUS.

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    Lembourg jf
    mai 10, 2018

    merci pour ces explications ,je vous donnerai mon avis quand je verrai votre version mais je vous fais confiance pour votre travail habituel .continuez surtoutjf

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    POLEMIQUE = RIDICULE !!
    mai 11, 2018

    J'ai acheté récemment le collector de L'ENFER DES ZOMBIES sans avoir entendu parler de la polémique. Puis, j'ai décidé de regarder le film en Blu-ray après avoir lu en effet des choses négatives sur le travail d'Artus sur le chef d'oeuvre de Fulci, pour me faire mon propre avis. Verdict : POLEMIQUE RIDICULE ! Le film n'a jamais été aussi beau, comme s'il avait été fait récemment, ce qui tient du miracle vu son âge, et les conditions où il a été réalisé, et croyez-moi, c'est un mec de bientôt 50 ans (avec encore 10/10 à chaque œil, je précise) qui vous parle et qui a découvert L'ENFER DES ZOMBIES en VHS ! Ok, il n'y a pas la version anglaise alors que certains des acteurs sont anglais ou américains. Ok, le packaging est beau mais il faut en effet faire attention quand on veut sortir le Blu-ray pour ne pas le rayer. Ok, l'image est plus "lisse" que chez ARROW (mais le grain d'origine peut nuire à la vision d'un film aujourd'hui sur un téléviseur haute définition : il suffit de regarder le Blu-ray d'ARROW justement du premier HELLRAISER qui fourmille tellement que c'en est parfois gênant). Bref, un grand merci à ARTUS FILMS pour cette magnifique redécouverte de l'une des œuvres séminales du cinéma d'horreur italien. D'ailleurs c'est pas compliqué : j'ai précommandé L'AU-DELA les yeux fermés et je ferai la même chose avec FRAYEURS. Mon seul souci est le suivant : aura t' on aussi le privilège d'avoir ensuite LA MAISON PRES DU CIMETIERE, pour que la tétralogie soit complète ?

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    K. Lamant
    mai 23, 2018

    Franchement, Artus, ne changez rien. Vous faites partie des moteurs de l'édition de bis en Europe, et on est très contents de vous avoir en France :)S'il y a parfois des couacs mineurs et de gros rageux pour en faire des caisses, ça ne remet en rien en question votre sérieux, votre professionnalisme et votre passion.Continuez comme ça, sortez-nous plein d'éditions superbes, et la seule critique qui compte, la fidélité des acheteurs, sera toujours au RDV.(et ressortez les collectors épuisés lol)

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    Pajo
    juin 23, 2018

    Heureusement qu'il y a des passionnés comme vous pour nous vendre ces magnifiques coffrets,dès que l'enfer des zombies est de nouveau disponible je vous le prends tout de suite.Il y aura toujours des gens pour critiquer le travail des autres,mais sont-ils seulement capables de faire aussi bien?Et puis utiliser un pseudo pour casser le travail des gens c'est tellement courageux!

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    O. Laval
    juin 23, 2018

    Je me joins aux heureux possesseurs de ce magnifique coffret à la copie magnifique (mon vidéo-projecteur ne ment pas là-dessus). Je pense que le soucis est qu'aujourd'hui, la multiplicité des réseaux sociaux a développé chez de nombreuses personnes la volonté d'attirer l'attention sur elles, pour le meilleur (rarement) et le pire (souvent). De mon côté, je me réjouis de voir que vous poursuivez l'édition des Fulci avec "L'au-delà" (très prochainement) et je suppose (et espère) "Frayeurs" et "La maison près du cimetière ensuite". Je ne manquerai pas de me jeter sur ces éditions les yeux fermés. Merci pour votre travail !

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    Vincent
    août 20, 2018

    J'ai travaillé dans des labos numériques pendant des années (Technicolor par ex) et le travail de restauration sur ce film est sublime! Je ne m'attendais pas à voir un tel résultat pour un film plutôt mineur (c'est pas Citizen Kane quoi). Beaucoup d'autres éditeurs se seraient contenter d'un passage dégueulasse au DVNR... Bravo!

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